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le vieux Strasbourg : Sous le vernis, les fissures

Publié par Sylvain kerdudou A partir 22 septembre 2016
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Voilà près de seize siècles que Strasbourg rayonne sur la rive gauche du Rhin. mais derrière la belle façade de la ville, la richesse de son patrimoine et la vitalité de sa vie sociale et culturelle apparaissent quelques fissures…l’avenir ne serait-il plus aussi rose ?

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A l’angle d’une petite rue piétonne et d’une avenue dont la vie est seulement rythmée par l’incessant va-et-vient des piétons pressés et par le son aigrelet de la sonnette du tramway, les lumières tournoyantes d’un manège illuminent cette fin d’après-midi. Inconfortablement juchés de travers sur un cheval ou dressés sur le marchepied d’un immobile camion de pompiers, des enfants, sourire aux lèvres, tentent de saisir la queue d’un bal­lon virevoltant. Les regarder trop longtemps donne le tournis. Et l’agitation de la foule autour de ce manège et dans l’ensemble du centre historique de Stras­bourg donne aussi le tournis… Seuls l’intérieur de la cathédrale et les bords des nombreux bras de UN, au sein de la Petite France, offrent un peu de calme et de sérénité. Entre les murs de la première, on vient reprendre ses esprits. La hauteur infinie de la nef, ou le soleil joue par transparence avec la verre des vitraux, et les flammes innombrables des petites bougies comme autant de souffles de vie laissent sans voix. Il faut prendre le temps de s’asseoir là quelques instants et se laisser pénétrer par la ma es du lieu. Les coups sonnés à l’horloge astronomique marquent le temps. Temps venu pour le visiteur: poursuivre sa découverte d’une ville qui n’est toujours ce qu’elle paraît être.

Parfaite alchimie

« A l’origine, ici il y avait un village de pêcheurs dan; pays de marais, explique Guy Trendel, journaliste ; retraite et passionné d’histoire 1. Cela se passait au IIe siècle avant notre ère. Légende ou réalité ? Peut-être les deux à la fois. » Une certitude en revanche : c’est l’installation romaine qui repoussa les occupants du site sur les premières pentes des Vosges. Ce camp concrétisa l’implantation sur l’île du futur vieux Strasbourg, une ville dont le berceau s’avéra être un réseau inextricable de bras de rivières. La population ne tarda pas à revenir autour de l’espace militaire et: au llle siècle, la cité était devenue civile. « La légende raconte qu’un énorme chêne se dressait sur un banc d sable où fut bâti le premier village, poursuit Guy Trendel. Il fut abattu par les Romains qui érigèrent un temple à sa place . ce qui parait le plus logique pour expliquer le choix du site est sans doute la proximité d’un gué sur le Rhin, plus tard dominé par un poste de garde. Mais il reste tellement de choses inexpliquées… » Militaire, religieux et civil : Strasbourg a réussi à atti­rer à elle ou à conserver les trois éléments fonda­teurs d’une cité qui avait tiré sa principale richesse du commerce, des ponts jetés sur le Rhin en 1333 puis en 1388, et de l’activité des nombreuses corpo­rations qui s’épanouirent entre ses murs. Bateliers, marchands, bouchers, orfèvres, tanneurs, pêcheurs… chaque activité professionnelle était régie par un code et des coutumes strictes. Ainsi, depuis plus de mille ans Strasbourg rayonne sur l’Alsace et parfois sur l’Europe. « Pourtant, en 1870, la ville étouffe dans ses murs, semble regretter Guy Trendel. Mais ensuite elle se développe rapidement, sous l’influence des Allemands qui voulaient en faire un modèle régional. Il faut bien reconnaître que c’est grâce à leur action que la ville ne fut pas supplantée au titre de capitale régionale par Mulhouse, cité industrielle beaucoup plus dynamique à l’époque. »

De son passé souvent mouvementé, Strasbourg a hérité d’un patrimoine qui vaut aujourd’hui à son centre-ville – désigné parfois comme « la grande île » car il se trouve emprisonné dans les bras de l’III – d’être inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco au même titre que Venise, Prague ou Lyon. Classée au septième rang des villes françaises avec ses 250 000 habitants (450 000 pour l’agglomération), la cité sait se faire belle pour séduire. Françoise, une commerçante du quartier historique, le reconnaît : « Ici, au centre de Strasbourg, la vie est plutôt douce. Nous voyons défiler beaucoup de monde, beaucoup d’étrangers. Le tourisme est un des piliers du commerce. » Nathalie, une de ses voisines, ajoute : « Pour rien au monde je n’irais habiter et travailler dans les quartiers périphériques. Strasbourg fait parler d’elle d’une façon trop négative à cause de ses pro­blèmes sociaux et de violence. Dans la vieille ville, j’ai l’impression d’être protégée. »

Avantage et inconvénient

Impression justifiée ou non ? Toujours est-il que les actes d’incivisme ne sont pas rares, même au cœur du quartier historique. Mais si, pour ses habitants, l’image de Strasbourg rime trop souvent avec vio­lence urbaine, pour les touristes de passage la magie strasbourgeoise fait toujours son effet.

« En termes d’image, l’ensemble composé du quartier de la cathédrale, du Parlement européen et de la petite France est très important, souligne Jean-Claude Bader, adjoint au maire chargé de la culture et du tourisme et président des Restaurateurs strasbourgeois. Notre patrimoine se suffit à lui-même et génère des retombées économiques difficiles à chiffrer. Mais nous voulons que les gens tournent plus dans la vieille ville, ne délaissant aucun secteur. C’est la raison du développement des animations que nous initions. » Si les touristes apprécient grandement ces efforts d’animation, il n’en est pas toujours de même pour les résidents des quartiers historiques. Ils sont encore nombreux à vivre entre les bras de l’Ill.

Contrairement à d’autres cités, le centre de Stras­bourg n’est pas déserté au profit des commerces et des bureaux. Philippe habite la vieille ville depuis plus de dix ans et il supporte de moins en moins la vie nocturne qui défile sous ses fenêtres. « Je travaille tôt le matin et, malheureusement, il est hors de question que je puisse dormir avant 23 heures. Entre les spectacles et animations mis en place par la municipalité et le bruit des passants, j’ai parfois l’im­pression que ma chambre se trouve au milieu de la rue. » En écho à cette réflexion, jean-Claude Bader estime que quand on décide de vivre dans un site touristique, il y a des inconvénients qu’il faut accep­ter. « C’est l’aspect répétitif des animations visuelles et sonores qui peut parfois être difficile à supporter, reconnaît-il. C’est un équilibre à trouver, et nous nous efforçons d’en tenir compte. » Au hasard des ruelles et des places, des musiciens distillent des airs souvent entraînants. Sans doute blasés, les piétons ne s’arrêtent pas, encore moins se penchent au-dessus de la caisse ouverte du violon ou de la guitare pour déposer un euro. Ils préfèrent, pour la plupart,

s’engouffrer dans les nombreux magasins de souvenirs bordant la place de la cathé­drale. Victimes d’une société dont ils ne compren­nent ni ne maîtrisent plus les rouages, quelques mendiants tentent d’émouvoir les passants. Finale­ment, depuis le Moyen Age, rien n’a changé pour les miséreux : à cette époque aussi ils se rassemblaient autour de la cathédrale. Les ignorant, les touristes flânent le nez en l’air, émerveillés par les colombages de la maison Kammerzell ou les dentelles de pierre de la cathédrale… Puis la nuit enveloppe peu à peu la vieille cité, et les premières lumières de la fête renaissent. Aujourd’hui, la vie diurne et nocturne de Strasbourg, organisée ou non, offre à chacun la pos­sibilité de trouver une occupation au plus près de ses attentes. Mais le rêve de certains, qu’ils soient élus ou commerçants, serait de voir monter dans leur ville une manifestation à grand spectacle pour attirer encore plus de monde. Pour cela il faut beau­coup d’argent, et surtout des bénévoles, qu’il n’est pas facile de mobiliser. « On peut imaginer de mul­tiples thèmes autour de la tradition ou de choses plus innovantes, admet, enthousiaste, Jean-Claude Bader. il existe une réelle demande pour que la ville soit encore plus dynamique dans tous les domaines. Mais déjà le programme des animations coûte beaucoup à la collectivité : 1,4 million d’euros par an. Une bonne image est à ce prix. » L’évaluation de cette somme ne tient bien sûr pas compte des subventions versées aux nombreuses associations qui organisent des animations spécifiques.

Et demain ?

En pendant à cette vision optimiste, de nombreuses personnes s’inquiètent pour l’avenir de Strasbourg. Entre autres soucis, un « A quand la liaison TGV avec la capitale ? » souvent entendu. Pour Guy Trendel, cette question est primordiale, mais il en existe d’autres : « Aujourd’hui, on laisse mourir Strasbourg par manque de moyens de communication ; aucune véritable autoroute directe vers Paris ni de liaison fer­roviaire. Combien de temps restera en place le Parle­ment européen avant de partir définitivement à Bruxelles ou ailleurs ? » Un chanteur alsacien déclame dans l’une de ses chansons : « Dors mon petit pays d’Alsace, dors bien sagement sur la rive gauche du Rhin. » Cette phrase traduit à merveille le sentiment des Strasbourgeois les plus pessimistes. Et si un jour une région Grand-Est devenait une réa­lité, ils imaginent sans prendre trop de risques que Strasbourg n’en serait pas la capitale. Metz ou Nancy semblent beaucoup mieux placés. Alors, derrière sa belle façade, quel sera le rôle politique et économique de Strasbourg dans l’avenir ?

Satire à l’alsacienne

Comme il est toujours temps de s’inquiéter et de regretter le passé, les nuits strasbourgeoises savent encore se parer de paillettes et d’artifices, pour le plus grand plaisir des noctambules. Il est juste un endroit où l’on touche d’un peu plus près la réalité des choses : La Choucrouterie, dont les lumières, dans la froide nuit strasbourgeoise, attirent et donnent irrésistiblement envie de bénéficier de la chaleur qui semble s’en dégager. Chaleur physique, mais aussi – et surtout – chaleur humaine. Après
une longue journée passée à flâner dans les ruelles de la vieille ville et le décor bucolique de la Petite France, on ne peut faire l’impasse sur la soirée au sein du temple de la satire alsacienne – à moins que ce ne soit le temple alsacien de la satire. Dans la
petite salle déjà aux trois quarts remplie où se déroulera tout à l’heure la version française du spectacle, les bavardages vont bon train. Chacun est heureux de se trouver assis parmi les spectateurs qui se délectent à l’avance du bon moment à
passer… Mais voilà que la salle est désormais comble, l’intensité de la lumière baisse, la représentation commence. Rideau ! Pour en savoir plus, rendez-vous à Strasbourg.

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